




| | Introduction | | Le picard et le français partagent des origines communes, au sein d'un groupe de langues apparentées, généralement appelées " langues d'oïl ", utilisées dans la France du Nord : ces langues sont nées à partir du latin populaire amené par les légionnaires romains et adopté par les habitants de la Gaule. Puis, à partir du 5e siècle, elles ont évolué sous l'influence des parlers germaniques des envahisseurs francs. Le chemin pris par la langue picarde débute dans la manière particulière dont " nos ancêtres les Belges " (les Gaulois du Nord) prononçaient le latin des occupants ; on peut également noter quelques similitudes avec le flamand dans le vocabulaire et la syntaxe du picard. |
L’histoire de la littérature picarde commença il y a onze siècles ! L’un des tout premiers textes en « langue vulgaire » du Nord de la France, la Séquence de Sainte Eulalie, écrit à la fin du 9e siècle dans la région de Saint-Amand, comporte déjà des traces de picard : on y trouve des mots comme coze « chose », diaule « diable », encore utilisés de nos jours dans les conversations en « patois ».
La littérature picarde fleurit ensuite entre les 12e et 14e siècles : au moyen-âge, des écrivains prestigieux comme les Arrageois Adam de la Halle et Jean Bodel, ou, en Picardie, Jacques d’Amiens ou Robert de Clari, écrivent en picard. Plus exactement, ils utilisent une scripta hybride franco-picarde, mélange d’ « ancien français » et d’un dialecte régional. Il en est ainsi dans toutes les régions du Nord de la France, mais la scripta picarde a au moyen-âge une popularité qui dépasse les limites de son domaine linguistique, Henriette Walter, linguiste, parle même d’une « exception picarde » : c’était la grande langue de littérature du Nord de la France, comme le Provençal était celle du Sud. Dans le même temps, les textes juridiques de l’époque (en particulier les Chartes) font un usage abondant de cette scripta picarde.
Néanmoins, le picard se dilue presque entièrement dans le français standard à partir du 15è siècle ; il perd alors toute légitimité comme langue de littérature. Il ne disparait pas pour autant de l’écrit : mais les œuvres qui sont composées en picard à partir du 17e siècle le sont dans un but de transgression, pour marquer la complicité avec le lecteur, et surtout dans un esprit comique. On entre alors dans une nouvelle période, celle de la littérature « patoisante », telle qu’elle est encore pratiquée de nos jours. Du coup, bien qu’ayant perdu sa légitimité, le picard gagne en authenticité et en « pureté » : désormais, on écrit en picard pour ne pas écrire en français (alors qu’au moyen-âge on écrivait en picard en croyant écrire en français...), on « en rajoute », en quelque sorte, sur les différences avec la langue nationale, et c’est ainsi que le picard moderne se constitue comme une langue littéraire.
C’est à partir du début du 19e siècle que le picard commence à perdre sa popularité. En effet, il n’est plus parlé dans les régions du sud de Beauvais, Noyon et Vervins.
Cependant, il fut encore énormément pratiqué, même dans les villes, jusqu’à la fin des années 1980.
Actuellement, il ne reste que de ce dialecte quelques mots et expressions connus.
Cela est dû à l’évolution de la société : modernisation, développement des transports, scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, augmentation du niveau de vie, intrusion de la télévision dans les foyers,…
Selon Olivier Engelaere, de L’OCRP (Office Culturel Régional de Picardie), le picard est encore parlé couramment ; sur les marchés par exemple mais aussi et surtout dans les familles ou entre amis, … Cependant, il est très peu utilisé en public.
Les acteurs actuels picards restant sont les artistes et les éditeurs. On pense d’ailleurs au journal Ch’lanchron et à quelques bandes dessinées traduites en picard.(voir photos ci-contre)
D’après Engeleare, beaucoup de travail reste à faire dans le domaine de la transmission du Picard car l’éducation nationale n’inclut pas ce dialecte dans son système et il n’est pas présent dans les établissements scolaires.
Cependant l’OCRP a instauré un concours de Picard qu’elle propose tous les ans dans les collèges.
Mais à ce rythme-là, que restera-t-il de ce dialecte à la fin du 21e siècle ?
TAVERNIER Julie
STERBA Clémence
étudiantes en ISAM 1ère année |
| Informations complémentaires | www.languepicarde.fr
lanchron.dyadel.net |
| Sources d'information | | Rédigé par Clémence&Julie le 25 Avril 2008 |
|
|